Afrique : de la décolonisation gaulliste à la présence chinoise (suite et fin)
Carte économique des investissements chinois en Afrique
Dans le précédent article, nous avons décrit et tenté d’analyser les conséquences catastrophiques des décolonisations bâclées de la période gaulliste (avancée inexorable d’un Islam conquérant au sud de l’Afrique subsaharienne et immigration massive vers l’Europe occidentale et la France). Marginalisée diplomatiquement en Afrique, la France est désormais supplantée par la Chine, qui investit massivement sur l’ensemble de ce continent et établit des partenariats stratégiques avec de nombreux pays africains. Et si la coopération sino-africaine provoquait un essor économique et commercial de l’Afrique, susceptible de stabiliser les populations africaines et d’enrayer l’infernale spirale migratoire vers l’Europe en général et la France en particulier ?
Les chinois en Afrique : coopérations bilatérales et investissements massifs
À l’exception des voyages d’exploration au XVe Siècle en Afrique orientale de l’amiral chinois Zheng He (voir l’appendice final), les relations économiques et commerciales sino-africaines furent très faibles au cours des siècles suivants. À l’époque des décolonisations gaullistes, la Chine était encore dirigée par le communiste Mao Tse Toung (1893-1976). Les folies criminelles de la “Révolution culturelle” (1966-1976) si admirée par nos maoïstes-révolutionnaires de salon comme Cohn-Bendit ou Kouchner, isolèrent profondément la Chine. Le 18 décembre 1978, le visionnaire et réformiste Deng Xiaoping décréta l’ouverture économique et commerciale de la Chine sur le Monde. Progressivement, grâce à l’instauration de Zones Économiques Spéciales (ZES) comme à Shenzhen (Guangdong) et à l’introduction de la propriété privée, la Chine connut un rapide essor économique et commercial avec une croissance annuelle avoisinant 9/10 %. À la fin des années 1990, la Chine s’intéressa au vaste continent africain.
Comme la Chine n’avait jamais entrepris d’expansion lointaine outre-mer et de processus colonial, elle arrivait comme vierge en Afrique. Après les funestes décolonisations des années 1960 et 1970, ce continent naguère prospère s’était enfoncé dans un profond marasme économique, aggravé par une corruption endémique de ses élites politiques. Pire, l’Afrique fut longtemps et est encore ravagé par de récurrents et sanglants conflits ethniques tandis que ses populations fragilisées continuent d’être confrontées à des pandémies (paludisme, lèpre, choléra). Alors qu’aux XIXe et XXe Siècles les colonisateurs français et européens s’étaient efforcés de mettre en valeur ce continent (infrastructures, alphabétisation et instruction, santé), l’ensemble de cet héritage positif s’était rapidement perdu. Cette accumulation concomitante de cataclysmes provoqua des mouvements migratoires d’abord des zones rurales déshéritées vers les bidonvilles de métropoles tentaculaires, puis vers l’Europe en général et la France en particulier. L’Afrique se vidait et se vide toujours de ses bras et de ses cerveaux, phénomène destiné à s’aggraver avec l’immigration choisie de Sarkozy.
Ainsi sur l’ensemble du continent africain, des hommes d’affaires ou des ingénieurs chinois ont (re)construit et (ré)aménagé des infrastructures délaissées et vitales pour un développement économique viable. L’Afrique manque singulièrement d’infrastructures modernes et entretenues (routes, ponts, voies ferrées et aéroports). De même des ingénieurs agronomes chinois s’impliquent dans l’agriculture, secteur crucial en raison des famines récurrentes. L’autosuffisance alimentaire est à la base du développement économique africain. En raison de la recrudescence des épidémies ou de pandémies mondiales (SIDA), les Chinois attachent une grande importance au secteur de la Santé. Ainsi ils parrainent des dispensaires et hôpitaux. Enfin, l’alphabétisation massive puis la diffusion progressive de l’instruction sont indispensables afin que l’Afrique possède ses élites politiques et économiques. Les Chinois assurent de très nombreuses formations éducatives dans de multiples domaines de l’enseignement primaire à l’Université. On mesure à quel point l’immigration choisie de Sarkozy est une mesure sournoise et dangereuse car il s’agit ni plus ni moins que d’un esclavagisme moderne, honteusement camouflé derrière un paravent “humaniste” et “droit-de-l’hommiste”.
En dépit de la différence d’époques et des statuts administratifs (anciennes colonies ou protectorats du XIX° et XX° S.), les ingénieurs et éducateurs chinois sont les “héritiers” de nos dévoués administrateurs coloniaux. En revanche, il n’y a aucune évangélisation pour des raisons aisément compréhensibles. De même, les Chinois ne s’ingèrent pas dans les affaires politiques et intérieures des pays africains. À l’inverse des droits-de-l’hommistes “moralisateurs” occidentaux, ils respectent les régimes politiques africains et évitent toute critique sur leur nature. Respectant également les différentes souverainetés nationales, ils ont pu établir de solides relations diplomatiques, ce qui permit l’émergence de sérieux partenariats économiques et commerciaux. Bien évidemment, les gauchistes français et occidentaux émettent des critiques acerbes et affirment fallacieusement que la Chine pillerait les richesses économiques de l’Afrique. Il s’agit de jugements simplistes et faux puisque la Chine a mis en place des coopérations bilatérales avec des pays africains dépourvus de richesses énergétiques (Mali, Sénégal, Tanzanie, Île Maurice).
Le président Hu Jintao et son épouse lors d’un voyage de travail en Zambie en février 2007
Le Sommet Chine-Afrique de novembre 2006.
Les 4 et 5 novembre 2006, les représentants de 40 pays africains dont 24 chefs d’État ont assisté à Pékin au troisième Sommet Chine-Afrique. Lors de ce forum sino-africain, le président Hu Jintao avait annoncé une série de mesures destinées à consolider les partenariats stratégiques et à promouvoir un développement économique et commercial pour ce vaste continent. Sa mesure phare consistait à doubler l’aide concrète aux pays africains entre 2007 et 2009. Malgré la crise économique mondiale, cette audacieuse mesure continue d’être d’actualité. À l’issue même de ce Sommet, des accords économiques et commerciaux furent signés entre 10 pays africains et 12 entreprises chinoises pour un montant de 1,9 milliard de $. Par exemple, le plus important d’entre eux porta sur l’exploitation de l’aluminium en Égypte pour un montant dépassant 900 millions de $.
Les principales mesures concrètes sont l’assistance technique, la mise en œuvre d’un mécanisme de financement préférentiel, la construction d’un centre de conférence pour l’Union Africaine (UA), l’annulation des dettes, une plus grande ouverture du marché intérieur chinois aux produits africains, l’établissement de 3 à 5 zones de coopération économique et commerciale en Afrique et enfin la formation du personnel africain.
À la différence de l’agité élyséen, Hu Jintao possède l’étoffe d’un chef d’État même si on ne partage pas toujours ses options politiques. Contrairement à des politiciens cyniques affirmant que “les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent”, Hu Jintao et ses ministres ont visité à plusieurs reprises certains pays africains afin de s’assurer des effets concrets des résolutions prises lors du Sommet de Pékin en novembre 2006. Ainsi entre le 30 janvier et le 10 février 2007, Hu Jintao visita 8 pays africains (Cameroun, Libéria, Soudan, Zambie, Namibie, Afrique du Sud, Mozambique et archipel des Seychelles) ce qui lui permit de s’assurer de la bonne application des décisions du Sommet Chine-Afrique de novembre 2006.
À présent, nous allons citer des exemples concrets sur la réalisation de certaines de ces mesures. Commençons par les investissements économiques et les échanges commerciaux Chine/Afrique.
Le Fonds Chine-Afrique créé initialement avec 1 milliard de $ en 2006, avait déjà atteint 2 milliards fin 2008 tandis que son capital continuera de s’élever progressivement à 5 milliards de $.
Entre 2000 et 2008, le volume total du commerce bilatéral Chine/Afrique a plus que décuplé puisqu’il passa en l’espace de 8 ans d’un peu plus de 10 milliards de $ à 106,84 milliards de $ (avec une augmentation de 45,1 % par rapport à 2007)! En 2008, les exportations chinoises en Afrique ont atteint 50,84 milliards $ (soit une augmentation de 36,3 %) tandis que les importations chinoises d’Afrique se sont élevées à 56 milliards $ (soit une hausse de 54 %). Donc en 2008 la Chine a un déficit commercial de 5,16 milliards de $ avec l’Afrique alors qu’en 2007 elle dégageait un excédent commercial de 940 millions de $. En 2008, la Chine a commercé avec 20 pays africains pour un volume commercial supérieur à 1 milliard de $ contre 14 en 2007. Avec un volume commercial bilatéral de 25,3 milliards de $ en 2008, l’Angola est devenu le premier partenaire commercial de la Chine. L’Afrique du Sud est en deuxième position.
Inscrits dans un plan d’action stratégique sino-africain (2007-2009), l’octroi de prêts préférentiels de 3 milliards de $ et des crédits acheteurs préférentiels à l’exportation de 2 milliards de $ ont indiscutablement dopé le commerce africain, moteur d’une future croissance économique durable. Depuis 2007, la Chine a signé des accords d’aide bilatéraux avec 48 pays africains et des accords de prêts avec 22 pays.
De même, afin de favoriser une meilleure pénétration de son marché intérieur pour les produits africains, la Chine a décidé que dorénavant 440 produits (au lieu de 190 auparavant) seraient exemptés de taxes d’importation et bénéficiaient d’un tarif douanier zéro. Cette mesure généreuse combinée à l’annulation totale des dettes contractées concernent 33 pays africains parmi les moins développés qui entretiennent des relations diplomatiques avec la Chine.
De plus, la mise en place des 5 zones de coopération économique et commerciale en Afrique progresse rapidement. Le Nigéria en possède 2 : Guangdong-Nigéria et zone franche Lekky à Lagos (capitale économique). Les 3 autres sont Zambie-Chine, la zone économique Égypte-Suez et le Parc industriel orient en Éthiopie. Remarquons au passage que les 4 pays précédemment cités n’appartenaient pas à l’AOF ou à l’AEF puisque la Zambie et le Nigéria étaient des territoires britanniques, l’Égypte vécut sous l’influence anglaise et l’Éthiopie connut une brève présence italienne.
Enfin en ce qui concerne la formation supérieure et technique, la Chine formera 15.000 africains toutes disciplines confondues entre 2007 et 2009. Cent ingénieurs agronomes supérieurs chinois se rendront dans les différents pays africains tandis que dix centres pilotes de techniques agricoles sont en cours de création.
Le développement économique africain inversera t-il l’inéluctable poussée migratoire vers la France ?
Comme nous venons de le voir, depuis près de 10 ans les Chinois investissent massivement en Afrique et établissent des partenariats stratégiques afin de favoriser un rapide essor économique et commercial. Grâce à des aides concrètes dans l’agriculture et à des réalisations d’infrastructures et d’équipements, certains pays africains devraient décoller dans les 10 prochaines années. De même, la santé avec l’éradication systématique d’épidémies mortelles et la diffusion massive de l’instruction devraient consolider ce développement embryonnaire. Au passage, on constate que les Chinois ont repris à zéro, poursuivi et amélioré l’héritage colonial malheureusement tombé en déshérence.
Cependant, l’Afrique a perdu environ 50 ans dans son développement. En l’espace d’un demi siècle, des conflits ethniques meurtriers (souvent attisés par les mondialistes apatrides) et des pandémies provoquèrent des conséquences cataclysmiques sur des populations poussées dans un premier temps à l’exode rural. Entassées puis déracinées dans des bidonvilles sordides et tentaculaires, ces populations émigrèrent vers l’Europe en général et la France en particulier.
Ainsi la Seine-Saint-Denis comprend de nombreuses communautés maliennes (souvent issues de Kayes) qui tiers-mondisent certaines de nos villes. L’immigration-colonisation du Tiers-Monde, non assimilable et enfermée dans des communautarismes exacerbées, plombe divers secteurs publics français (Logement, Social, Éducation). Malgré l’utopie intégrationniste de l’UMPS et le versement à fonds perdus de colossales subventions, la réalité saute aux yeux avec une insécurité exponentielle dans de nombreux quartiers ethniques devenus des zones de non-droit. Très rapidement, ces populations afro-maghrébines sont devenues des enjeux cruciaux pour les formations démagogiques de la Gauche ainsi que pour les syndicats du Système en panne d’adhérents français. Ainsi, le PCF et la CGT, au lieu de défendre les intérêts politiques et syndicaux de nos compatriotes, ont pris l’habitude de les manipuler en reprenant leurs revendications (cf les scandaleuses régularisations massives de travailleurs clandestins). Au final, l’immigration massive couplée à l’islamisation galopante représente une grave menace pour notre identité nationale. Elle est donc une “malchance” tant pour le pays d’accueil que pour les pays de départ.
On ne voudrait pas être pessimiste mais malheureusement la coopération sino-africaine arrive trop tard pour qu’elle porte rapidement ses fruits, ce qui aurait pour conséquence une diminution rapide, voire un arrêt progressif des flux migratoires. Si en revanche cette ambitieuse coopération économique et commerciale s’était mise en place 30 ou 40 ans auparavant, alors elle aurait déjà eu des effets bénéfiques en stabilisant des populations afro-maghrébines tentées par des migrations internes puis vers le continent européen. Même si la coopération sino-africaine est un processus positif, ses effets concrets se réaliseront autour de 2020 tandis que l’Europe continuera de ployer sous une immigration colonisation.
D’ailleurs d’ici là, la situation économique et sociale risque d’être explosive en raison de l’accélération de l’immigration du Tiers-Monde et du renforcement de communautarismes radicalisés. Au lieu de tenter d’inverser les flux migratoires, Sarkozy rajoute une immigration choisie à celle du regroupement familial jamais stoppé. Comme Sarkozy est un mondialiste apatride doublé d’un apôtre forcené du métissage, toutes les craintes sont permises d’autant plus que les français anesthésiés par la société de consommation et des médias totalitaires, ont raté plusieurs occasions politiques comme au printemps 2002. Bien sûr, la coopération sino-africaine est intéressante car à terme elle aura des effets bénéfiques sur l’économie africaine, mais actuellement dans l’urgence de la situation seul un réveil massif de la population française pourrait stopper cette décadence générale. Pour l’instant, notre pire ennemi réside dans l’abstentionnisme massif lors des consultations électorales notamment locales et partielles.
Modèle réduit d’un bateau de la flotte de l’Amiral Zheng He (1371-1433)
Appendice : Zheng He, un explorateur chinois du XV° Siècle
Troisième empereur chinois de la dynastie Ming, Yongle (1360-1424) avait transféré en 1409 la capitale chinoise de Nankin (Sud) à son emplacement actuel Pékin. De plus, ce grand réformateur avait ordonné que des gigantesques expéditions maritimes explorent l’Océan Indien (actuels Indonésie, Malaisie, Sri Lanka et Inde). Eunuque impérial de confession musulmane, Zheng He fut fait Amiral alors qu’il n’avait jamais pris auparavant la mer. Zheng He dirigea donc la flotte chinoise, composée de 70 vaisseaux et forte de 30.000 hommes. Entre 1405 et 1433, il effectua 7 expéditions maritimes dans l’Océan Indien et le long des côtes orientales de l’Afrique. La septième expédition, commandée par le Ve Empereur Ming Xuande, fut la plus importante par l’étendue des découvertes et des terres explorées.
On ne détaillera pas l’ensemble de ces 7 expéditions maritimes. On signalera juste que Zheng He longea la Péninsule Arabique (Aden au Yémen, Mascate en Oman), qu’il franchit le détroit d’Ormuz et qu’il remontera la Mer Rouge jusqu’en Égypte. De même il longea la côte orientale de l’Afrique jusqu’au Mozambique. À la suite de son quatrième voyage, le sultan de Malindi (côte orientale du Kenya en territoire swahili) engagea en 1414 des relations diplomatiques avec la Chine. À cette occasion, une célèbre girafe fut offerte par le Sultan à la flotte chinoise. Précisons également pour l’anecdote que le célèbre explorateur portugais Vasco de Gama fit escale dans le port de Malindi où il signa un accord commercial avec les autorités locales. En 1499, Malindi devint donc un comptoir commercial du Portugal, situé stratégiquement sur les routes maritimes vers l’Inde.
Il faut signaler que les explorations maritimes chinoises de Zheng He n’ont jamais débouché sur une expansion commerciale outre-Mer ni sur un début de colonisation contrairement aux Portugais et Espagnols. D’ailleurs jusqu’en décembre 2008, la flotte chinoise n’avait jamais plus navigué sur l’Océan Indien. Actuellement la marine chinoise patrouille dans la Mer d’Oman et le Golfe d’Aden afin de protéger ses navires civils face aux attaque des pirates islamistes de Somalie. On remarque donc qu’à la lumière de la fascinante histoire maritime chinoise, le président Hu Jintao a donc marché sur les traces glorieuses des ancêtres marins chinois.
Source : nationspresse.info
Posted: février 17th, 2009 under Articles, Général.
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