ENTRETIEN avec nationspresse.info
Rencontre avec…Dominique Martin
Posté par Jacques
5 septembre, 2008
A quelques jours de l’Université de rentrée du Front National qui se tiendra à Evian les 1er et 14 septembre prochains, nous avons voulu donner la parole au Secrétaire départemental de ce beau département qu’est la Haute Savoie…

NPI : Dominique Martin , bonjour.
Pouvez-vous vous présenter ?
Bien volontiers.
J’ai 47 ans, 4 enfants, et je suis issu d’une famille de souche haut savoyarde de La Côte d’Arbroz près de Morzine, pas très loin d’Evian où va se tenir notre UDT 2008 les 13 et 14 septembre prochains. Je suis d’ailleurs ravi d’accueillir notre Université d’Été pour la deuxième fois, la première étant en 2002 à L’Impérial Palace d’Annecy, dans des conditions très difficiles, on s’en souvient, puisque le Député Maire de l’époque, Bernard Bosson, avait tout fait pour interdire notre réunion.
Bachelier (série C) à 17 ans, j’ai préparé à Paris le concours d’entrée à HEC. La première année, j’ai intégré une ESCAE (École Supérieure de Commerce et d’Administration d’Entreprise) que j’ai refusée pour présenter à nouveau HEC. Puis, en deuxième année, poussé par l’envie d’entreprendre, j’ai rejoint l’entreprise familiale à Cluses, préférant “un petit chez soi à un grand chez les autres”.
En 1982, après l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr Cöetquidan (Bataillon EOR), j’ai incorporé le 6ème RPIMa (Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine) comme Officier du contingent. Je suis aujourd’hui Capitaine de réserve ORSEM (Officier de Réserve Service État Major), et je suis décoré de la Médaille de la Défense Nationale et de la Médaille des Services Militaires Volontaires (S.M.V.).
En 1999, j’ai cessé mes activités professionnelles pour me consacrer entièrement à mes responsabilités politiques et à mes mandats, tout en demeurant administrateur de société en qualité de PDG de Chaussures Martin SA, jusqu’à sa dissolution en 2004.
Passionné par la vie de la “Cité”, je me suis investi jeune dans de nombreuses associations. C’est ainsi que j’ai été administrateur de la Médecine du Travail de 1985 à 1992, Conseiller Prud’homal suppléant jusqu’en 1995, membre du Bureau régional du Patronat Indépendant (SNPMI) jusqu’en 1994, membre du Comité du Syndicat d’Initiative de Cluses jusqu’en 1992, membre du Bureau départemental de la Fédération des Groupements de Commerçants de la Haute-Savoie, et Président des Commerçants du Centre Ville (GECA) en 1987 et 1988.
NPI : Quel a été votre parcours politique ?
Curieusement, depuis tout petit, la politique m’a toujours intéressé. Je me souviens qu’en 1974 (j’avais 13 ans) je soutenais Jaques Chirac aux élections présidentielles, ce qui m’avait déjà valu au collège (j’étais interne) les habituelles insultes de « facho, nazi, raciste… ». Il est vrai qu’à l’époque Chirac développait un vrai discours de droite (!). Mais sa trahison de 74 (Chaban-Delmas), puis celle de 81 (Giscard), et son virage à gauche m’ont vite écarté de ce social-démocrate.
Il faut savoir que durant mon service national, j’ai été l’officier adjoint du Lieutenant Bruno Racouchot, et ce dernier m’avait beaucoup parlé de Jean-Marie Le Pen et du Front National.
Comme j’étais toujours très intéressé par la politique, j’allais souvent dans les réunions publiques des partis existant à l’époque (sauf le PCF). Et puis, un jour, en 1983, par curiosité, je suis allé à un meeting de Jean-Marie Le Pen. Je dois avouer que j’allais voir « la bête immonde » que décrivait la presse de l’époque, sans aucune intention de soutien politique. Et là, je suis tombé le “cul par terre”. J’ai découvert un homme extraordinaire qui parlait vrai et qui défendait les valeurs auxquelles je tenais, celles de la France historique. Tout le contraire de ce qu’en disait la presse. J’ai donc adhéré de suite auprès du FN 74 ! Et comme tout était à construire, je me suis tout de suite retrouvé Secrétaire du canton de Cluses, en m’engageant totalement au service de Jean-Marie Le Pen.
Puis ce fût le parcours classique d’un militant de base. En 1986, j’entre au Bureau départemental et devient Secrétaire de la 3ème circonscription de la Haute-Savoie. Je suis nommé Secrétaire départemental en 1996, Secrétaire régional adjoint de Bruno GOLLNISCH en 1999 et Secrétaire régional le 21 mai 2001. Au printemps 2000, je suis élu au Comité Central lors du XIe Congrès du Front National, réélu au XIIe Congrès en avril 2003, et au XIIIe Congrès en novembre 2007. Depuis les élections municipales de 2001, j’assure également au niveau national la formation des candidats du mouvement au sein de l’IFOREL. En 2002, Marine LE PEN me sollicite pour entrer au Bureau de Générations LE PEN, chargé de la Communication. En 2003, Bruno Gollnisch me confie la direction de sa campagne pour les élections régionales de 2004 en Rhône-Alpes. Louis Aliot, devenu Secrétaire Général, me nomme Secrétaire national à l’implantation locale le 8 novembre 2005. Dans le cadre de la campagne des présidentielles 2007, Jean-Marie Le Pen me confie la coordination des parrainages pour la zone B, soit 48 départements (Sud et Est de la France). Et le 31 mai dernier, Marine et Louis me proposent le formidable poste de Secrétaire national à l’animation des Fédérations et à l’organisation interne, ainsi que celui de co-responsable de « L’école des cadres » avec Steeve Briois.
Je dois avouer que je suis très fier de ce parcours, et je remercie tous ceux qui m’ont donné leur confiance durant ces 25 années, nos dirigeants, comme nos militants et nos électeurs.
C’est ainsi que j’ai été le candidat du Front National aux élections municipales de 89, 95, 2001 et 2008, aux élections cantonales de 88, 92, 98 et 2004, aux élections régionales de 86, 92, 98 et 2004, aux élections législatives de 93, 97, 2002 et 2007, aux élections européennes de 99 et 2004, et aux élections sénatoriales de 2004.
J’ai été élu Conseiller régional Rhône-Alpes en 92, réélu en 98 et en 2004, et Conseiller municipal de Cluses en 89, réélu en 95, en 2001, et en 2008.
NPI : Vous avez adhéré au Front National en 1983, quels souvenirs pouvez-vous nous évoquer ?
En 1983 le Front National représentait moins de 1% de l’électorat et, par conséquent, ses moyens financiers étaient très faibles. De plus le financement public n’existait pas encore. Il fallait donc se débrouiller tout seul, souvent avec ses propres deniers. Notre crédibilité était inexistante ; on passait pour des réacs attardés, des “francs fous” comme on dit chez nous, et bien sûr pour des nazillons racistes…
C’est incroyable, mais nous étions heureux de recevoir le rouleau d’affiches que nous avions commandé (règlement joint !). Paris nous les vendait 1 franc pièce, une sacrée somme pour l’époque (500 francs les 500 affiches, port compris !).
Encore plus incroyable, nous avions hâte d’aller coller, des nuits entières, car nous étions une poignée pour couvrir le département. Mais l’ambiance était chaleureuse. C’en était devenu un hobby, la sortie d’une bonne bande de copains, au service de leurs convictions, sans autre ambition que de défendre notre Patrie. On se présentait aux élections avec la certitude de ne pas être élu, et de n’être remboursé d’aucun frais de campagne. L’état d’esprit était complètement différent.
Heureusement les élections européennes de 1984 ont boosté le Front National, et, en face, ils ont commencé à nous craindre : c’était trop bien…
NPI : Votre plus grande joie ?
Bien évidemment, c’est le 21 avril 2002. Depuis la Suisse voisine, nous avions les premiers sondages dès 18 heures ; je n’y croyais pas, c’était trop beau. Puis les résultats définitifs sont tombés à 20 heures : Le Pen était au second tour ! J’étais fou, j’en ai pleuré comme un gamin, et l’on a arrosé ça une bonne partie de la nuit…
C’était quand même bien plus fort que le 12 juillet 1998 quand l’équipe Black-Blanc-Beur avait remporté une soi disant grande victoire…
NPI : Des regrets ?
Le 18 mars 2001, j’ai raté la Mairie de Cluses à 276 voix derrière le Maire sortant. J’ai aussitôt appelé Jean-Marie Le Pen pour lui faire part de ma déception, et savez-vous ce qu’il m’a répondu : « Tant mieux, comme ça tu reste disponible pour nos combats à venir ».
Si c’est pas un Chef, ça !…
NPI : Vous avez été un des rares à être présent aux municipales avec de réelles chances de l’emporter. Vos scores à Cluses en Haute-Savoie sont toujours très importants, cela tient à quoi d’après- vous ?
Il n’y a pas de recette miracle, et je n’ai pas grand mérite. Tout passe par l’implantation locale et le travail de terrain. Or j’ai toujours vécu et travaillé à Cluses, et je me suis investi jeune dans beaucoup d’associations, ce qui fait que je suis en permanence en campagne électorale : chez le boucher, au pain, à la Poste, dans la rue…
Ainsi dès 1989, notre liste a obtenu 11,04%, 34,20% en 95, 39,93% en 2001. Malheureusement nous avons pâti de la morosité ambiante en mars 2008 n’obtenant que 24% des suffrages.
NPI : Un nouvel organigramme a été mis en place au sein du Front National. Qu’en pensez-vous ? Quelle place y occupez-vous ?
Après notre contre-performance aux présidentielles et aux législatives de 2007, il était nécessaire de revoir notre organisation interne afin d’être le plus performant possible. Parallèlement il fallait donner un coup de boost à notre appareil de façon à re-mobiliser l’ensemble de nos cadres et élus territoriaux.
Je pense que c’est dans cet esprit que Jean-Marie Le Pen a souhaité, après le Congrès de fin 2007, une nouvelle organisation tout en préservant les différentes sensibilités qui s’expriment au sein du Front National. Et ce nouvel organigramme semble répondre à ces objectifs. L’effort est mis sur la formation, la communication et la propagande, trois armes indispensables si nous souhaitons remporter les batailles à venir.
Dans la même logique, de nouvelles personnes ont été nommées. Leur parcours différent ne peut être qu’un plus dans la façon d’organiser le combat national. Il s’agit d’apporter du sang neuf aux côtés d’anciens cadres dotés d’une grande expérience. Les deux vont se compléter avec efficacité, et c’est heureux.
C’est ainsi qu’après le Secrétariat national à l’implantation locale, Louis Aliot m’a confié celui de l’Animation des Fédérations et de l’Organisation Interne. C’est un magnifique challenge qui me motive, et je suis très fier que l’on ait bien voulu me confier cette mission, moi qui ai commencé comme militant de base sur le terrain. Bien que bénévole, je vais y mettre toute mon énergie et tout mon savoir-faire.
NPI : Pouvez-vous nous indiquer vos objectifs ?
Dans le contexte qui est le nôtre, il apparaît impératif de donner à tous nos cadres et élus les moyens d’accomplir leur mission première qui est de représenter le Front National et de diffuser nos propositions au plus profond du territoire national.
Chacun de nos cadres et élus doit :
• Connaître l’essentiel de nos fondamentaux : le programme.
• Avoir une parfaite connaissance de notre appareil : les outils.
• Développer l’implantation locale : la méthode.
• Diffuser nos propositions : la communication.
Chaque échelon de notre encadrement doit bénéficier de cette formation et de cette information permanente. Il semble pertinent de définir trois niveaux d’intervention :
1. Les Secrétaires régionaux et départementaux.
2. Les Bureaux départementaux élargis aux Secrétaires de circonscriptions.
3. Les circonscriptions, les Secrétaires de cantons et les militants les plus actifs.
Il s’agit de mettre le mouvement au diapason, et « L’école des cadres » que j’anime aux côtés de Steeve Briois va lancer un vaste programme de réunions d’informations et d’échanges, d’abord au Siège pour les Secrétaires départementaux avec les cadres nationaux, puis dans les régions pour les cadres départementaux.
À terme, chacun de nos cadres pourra utiliser le même langage, connaître nos outils et les services du Siège, afin d’intensifier notre implantation locale, et d’améliorer notre communication.
Nous souhaitons être le plus opérationnel possible avant la prochaine campagne des européennes.
NPI : Il y a maintenant près de 10 ans, Bruno Mégret quittait le Front National pour créer le MNR. D’après-vous quelles conséquences cela a eues pour la droite « nationale » ?
Les conséquences sont incalculables. Cette trahison a mis un coup d’arrêt à notre formidable ascension des années 90, et l’élection présidentielle de 2002 aurait peut-être été bien différente. Nous y avons perdu beaucoup de temps, beaucoup de moyens et beaucoup de cadres remarquables. Nous n’en sommes pas encore totalement remis.
Mais Mégret a échoué et s’en est allé… Nous devons tirer un trait et reconstruire la grande famille des Nationaux en faisant appel à tous ceux qui sont encore prêts à défendre notre Patrie pour la transmettre à nos enfants dans le meilleur état possible.
NPI : Jean-Marie Le Pen a réuni près de 4 millions de voix à l’élection présidentielle. Certains estiment que cela a été mauvais au niveau des résultats. Quel est votre avis à ce sujet ?
Certes, c’est moins qu’en 2002, mais je peux vous assurer que beaucoup d’hommes politiques aimeraient obtenir 4 millions de voix.
De plus n’oublions le contexte, et la formidable machine politico-médiatique dont disposait Nicolas Sarkozy qui, de surcroît, n’a pas hésité à piller notre programme, abusant ainsi nombre de nos électeurs. Cela a au moins eu le mérite de nous dédiaboliser, et de rendre crédibles nos constats et nos propositions. Si la victoire électorale est revenue à Sarkozy, c’est sans aucun doute Jean-Marie Le Pen qui a remporté la victoire idéologique.
NPI : Quel est votre sentiment sur la création de nouveaux partis politiques au sein du courant national ?
Personnellement je trouve cela inutile et vain. Mégret a démontré que ces tentatives sont vouées à l’échec.
Si ces gens étaient véritablement sincères, ils devraient comprendre que pour défendre la Nation, il est essentiel de regrouper toutes nos forces, tous nos moyens, toutes nos intelligences, toutes nos sensibilités autour du Front National.
La dispersion n’a jamais été synonyme d’efficacité.
NPI : Quel avenir pour le Front National ?
Je suis serein. La victoire idéologique de 2007 finira par payer, aidée malheureusement par le délitement de notre société française. Bien que généralement couards, les Français ont démontré à maintes reprises dans notre histoire qu’ils savaient réagir quand la situation était grave, et elle est devenue très grave. À l’instar de ce qui se passe en Italie, en Suisse, en Autriche, en Angleterre, en Espagne… ils vont réagir, j’en suis certain. À nous de nous organiser, et de les aider à franchir le pas.
Sarkozy a abusé les Français ; heureusement ils s’en rendent compte. Et à gauche, il n’y a plus rien de crédible, surtout au PS où, « s’il y a beaucoup de courants, il n’y a pas de lumière ».
NPI : Pour la droite nationale en général ?
Qu’elle comprenne enfin que l’union fait la force.
NPI : Votre conclusion ?
Pour conclure, je rappellerai deux citations d’Antoine de Saint-Exupéry :
• « On n’hérite pas de la terre de ses aïeux, on l’emprunte à ses enfants ».
• « Les seules libertés auxquelles les peuples ont droit, sont celles qu’ils sont capables de défendre ».
Cette tâche nous incombe… quel plus bel objectif !
NDLR :je vous invite à visiter le blog de Dominique Martin, on y trouve nombre de photos et d’articles intéressants comme celui-ci :
Lieutenant Parachutiste Dominique Martin
“L’Abbé Chanliau parle de Dominique Martin
J’ai connu Dominique Martin il y a plus de 25 ans. Il était tout jeune officier parachutiste, et j’étais l’aumônier du 6ème RPIma où nous avions l’honneur de servir ensemble, un régiment prestigieux aujourd’hui dissous (merci Chirac).
Dominique est devenu l’un de mes meilleurs camarades, et j’ai souvent suivi sa section sur le terrain. Il était un officier au sens le plus noble du terme, efficace, consciencieux, respectueux de ses hommes. Nous avons entretenu ces liens qui se tissent dans le monde fraternel des paras. J’ai revu souvent Dominique, et j’ai pu apprécier le sérieux et la constance de son engagement politique pour une France fière de ses valeurs authentiques.
J’ai eu le plaisir de célébrer son mariage, mariage pour lequel il a reçu la Bénédiction Apostolique du Pape Jean-Paul II, puis de baptiser son dernier fils, Paul.
Je sais quelle est sa profondeur humaine, son sens de la famille et du devoir. Il n’y a en lui aucun rejet de l’autre, fut-il différent, il a pour cela trop de respect pour l’homme, respect qu’il puise dans sa foi. Les responsabilités qu’il a occupées et qu’il occupe encore l’ont conduit à une grande maturité politique et humaine.
Son sens du service ferait de lui un excellent Maire de Cluses, ville qu’il aime avec passion depuis toujours.
Père Christian Chanliau, aumônier honoraire des armées.”
Posted: septembre 5th, 2008 under Général, Revue de presse.
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